les prairies aussi veulent qu'on les soigne !

15.12.2013 - Divers

C'est l'hiver, les prairies se reposent... Trop de vaches sur un sol humide endommageraient la pâture, et les bonnes espèces de plantes fourragères disparaîtraient... Quand la prairie n'est pas tout simplement inondée, comme dans les marais. Le froid chasse les parasites et maladies, tandis que les vaches laitières restent à l'abri, et sortent juste pour se dégourdir les pattes. C'est le temps des travaux pour entretenir les prairies, leurs haies et clôtures...
 

Pays d'Auge Marais du Cotentin

L'éleveur profite de l'hiver pour faucher les dernières touffes délaissées par les vaches, afin de faciliter une repousse homogène. Pour obtenir une belle production d'herbe, il peut décider d'amender sa prairie, le plus souvent avec du lisier ou de fumier. Cette matière organique, par opposition aux engrais minéraux, se décompose lentement et agit de façon régulière et étalée pendant plusieurs mois ou années.

Il peut également aérer le sol en passant une herse, ce qui favorise la vie du sol : les bactéries, champignons et autres petits animaux pourront mieux décomposer la matière organique, et en faire de l'engrais pour la prairie.

Outre la prairie, l'agriculteur vérifie que les parcs des animaux, délimités par des haies ou des clôtures (piquets et barbelés), sont en bon état, ainsi que les chemins pour y accéder. Les haies remplissent de multiples rôles. Elles abritent les troupeaux du soleil et du vent, et produisent du bois de chauffage et des fruits comestibles. Elles fournissent gîte et couvert à de nombreux insectes, oiseaux et autres animaux utiles s'attaquant aux ravageurs des cultures. Enracinées dans le sol, elles ralentissent l'érosion et favorisent l'écoulement de l'eau vers les nappes phréatiques en sous-sol, tout en piégeant le carbone atmosphérique, responsable de l'effet de serre, de même que les prairies permanentes.

  

Crédits photographiques (élagage) : CUMA Défis

En Normandie, 80% des prairies sont naturelles, ou permanentes, c'est-à-dire que l'éleveur ne laboure ni ne sème la prairie : les espèces d'herbe présentes évoluent au cours du temps selon le climat, le type de sol, les amendements, l'utilisation de la prairie (pâture et/ou fauche). De ce fait, on y rencontre une grande diversité d'espèces, plus ou moins intéressantes du point de vue agronomique et pour le goût des fromages, mais source de biodiversité : ray-grass, trèfle, dactyle, pâturin, agrostis, fétuque, fléole, vulpin, flouve odorante, houlque laineuse, plantain, renoncule, oseille, achillée... Cela permet par exemple à la prairie de mieux résister à certains stress (piétinement important, période sèche ou humide...), quelques espèces plus fragiles disparaissant au profit d'autres plus résistantes, dans l'attente de pousser à nouveau si des conditions plus clémentes le permettent. Leur productivité est très variable. Les prairies temporaires sont quant à elles semées pour 1 à 5 ans, souvent pour être fauchées, et comportent moins d'espèces différentes. Elles associent généralement graminées et légumineuses, et sont semées après la moisson, à l'automne.

Le Livarot, le Pont-l'Evêque et le Camembert de Normandie AOP, à travers un cahier des charges basé sur l'herbe et le pâturage, contribuent à faire vivre et valoriser le paysage normand typique qu'est le bocage.

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