Au fil des saisons: d'où viennent les veaux ?

18.07.2013 - Divers

Au risque de rompre la poésie qui entoure l'origine de la vie, un constat s'impose : la grande majorité des veaux sont conçus par insémination artificielle... dont le grand avantage est de pouvoir choisir le père du veau sur catalogue, garantissant le progrès génétique du troupeau, et par là les performances de l'élevage... mais aussi le meilleur lait possible pour fabriquer le Pont-l'Evêque, le Livarot et le Camembert de Normandie !

L'éleveur doit pour cela détecter le bon moment en observant ses vaches : plus agitées, elles se laissent monter par les autres vaches. Lorsque l'éleveur a repéré une vache en chaleur, il contacte l'inséminateur qui va apporter les doses de sperme et les introduire dans l'utérus de la vache concernée. Si tout se déroule bien, 10 mois plus tard, la vache mettra bas.

Les doses sont prélevées à partir de taureaux sélectionnés en trois étapes, ce qui garantit le progrès génétique à l'éleveur. Les taureaux sont sélectionnés sur les performances de lerus parents et ascendants, rejoignent éventuellement une station d'évaluation des performances individuelles, puis sont évalués sur les performances de leurs descendants dans les exploitations qui ont utilisé leurs doses, afin de vérifier qu'ils transmettent leurs qualités notamment à leurs filles (difficile de savoir si un taureau produit du bon lait pour les fromages AOP !). Par exemple, en race normande, seulement 15-20 taureaux sont élus par an. Ils figurent alors à l'index, un document assez illisible :

On voit figurer le père et le grand-père maternel du taureau en rappel. L'éleveur peut choisir le meilleur taureau pour chacune de ses vaches, en fonction des caractères qu'il souhaite améliorer : quantité de lait produite, taux de protéines utiles en fromagerie, mamelle facile à traire, aplombs solides (de bonnes pattes pour arpenter les pâturages), bonne fertilité pour que les inséminations réussissent du premier coup... Tous ces scores sont pondérés et synthétisés dans un index appelé ISU. Chaque race choisit ainsi les caractères qui ont le plus de poids dans la sélection des taureaux, c'est notamment le rôle de l'Organisme de Sélection.

L’éleveur a parfois recours au taureau pour saillir les vaches pour lesquelles l'insémination n'a pas été couronnée de succès, ou celles dont ils ne souhaitent pas garder les veaux. Dans ce dernier cas, le taureau peut aussi bien être de race allaitante, pour donner des veaux mieux conformés pour la boucherie. Enfin, certains éleveurs élèvent des taureaux qu'ils utilisent pour l'ensemble de leurs vaches. Mais les qualités laitières se transmettent moins bien que les caractères liés à la viande. L'excellence des parents est donc plus que jamais nécessaire pour que le veau, future vache, soit à la hauteur des attentes de l'éleveur et de la filière AOP.

En parallèle de l'élevage, les agriculteurs normands ont le plus souvent des parcelles cultivées. Les moissons des céréales battent leur plein en juillet. Les grains riches en énergie seront vendus, et peuvent être consommés par les animaux de l'exploitation. La paille servira de litière aux vaches dans leur stabulation.

Crédits photographiques : école de Negreville, Organisme de Sélection de la Race Normande, Aleks (sur Wikimedia commons), Ferme de la Croix Blanche

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